« Parenthèse » de Bernard Tanguy bientôt dans les salles… (Interview du réalisateur)

« Parenthèse » est le premier long métrage de Bernard Tanguy, produit Rézina production (la société du réalisateur), et coproduite par Maje productions, La Clairière productions, et Garance Capital. « Parenthèse » raconte les aventures de trois quinquagénaires partis en vacances sur un voilier pour retrouver l’ambiance leurs vacances de jeunesse. Mais le poids des années, les aléas climatiques et la venue de filles beaucoup plus jeunes sur le bateau vont venir compliquer cette réunion. Gros plan sur ce film bientôt dans les salles avec l’interview de son réalisateur Bernard Tanguy.

 Comment est né le scénario de « Parenthèse » ?

 bernard-tanguyL’idée du film date de 2008. Mon frère, qui a 5 ans de plus que moi, approchait la cinquantaine et voulait raconter l’histoire de presque quinquas qui, prenant subitement conscience du poids des années, ont envie de revivre ensemble des aventures de leur jeunesse. Ils partent en vacance sur un voilier et se retrouvent confrontés à des filles beaucoup plus jeunes. Choc des générations, mais une connivence s’installe et ils passent finalement deux jours inoubliables ensemble. Mon frère et moi possédons un voilier et naviguons régulièrement autour des îles d’Or (Port Cros et Porquerolles), des îles magnifiques, préservées, entre Toulon et Saint-Tropez, qui forment un Parc National. La magie des îles étant propice aux rêves et aux fantasmes, nous avons tout naturellement situé l’action dans cette zone. Cinq ans plus tard, à 48 ans quand le film s’est fait, je me suis retrouvé moi aussi en plein dans la cible.

Quels vont être les questions de ces personnages en pleine « mid age crisis »  ? 

B004_C011_0830L7La question du vieillissement. De l’illusion d’une autre vie. Du temps qu’il reste pour faire les choses qu’on n’a jamais faites. Tout se mélange, la vie professionnelle qui devient insupportable, la vie familiale qui étouffe. On ne sait plus pourquoi on s’est donné tant de mal. Le besoin de puiser à nouveau des forces dans les souvenirs de jeunesse, l’envie irrésistible de retrouver une certaine insouciance… Mais les trois personnages du film ne sont pas au même niveau d’interrogation. Si Raphaël paraît avoir tous les symptômes d’une crise de la cinquantaine carabinée, pour Alain, plus lucide, les questions sont différentes. Il n’est pas en crise, mais il est bloqué par des angoisses et des peurs. Il va se débloquer complètement pendant cette aventure. Quant à Patrick, l’éternel adolescent, même s’il prend conscience qu’il arrive au bout de son modèle en vivant à cinquante ans dans une chambre de bonne et en continuant à fréquenter des filles de 20 ans, il n’est pas prêt à se remettre en question.

Quel bilan dresse-t-il de la vie après 50 ans ?

 Mixetalonne4Raphaël vit sa vie comme un échec : il a le sentiment de s’être épuisé à mimer une certaine normalité bourgeoise (appartement rue du Four, trois enfants, vacances à Carnac…) en ayant toujours en tête l’illusion d’une autre vie. Mais « ça reste une illusion si on ne l’ancre pas dans quelque chose de réel » dit-il à la fin du film. Et c’est ce qu’il a oublié de faire. Sans « scénario construit pour l’avenir », où il aurait par exemple inclus sa femme, il pète les plombs et part en brûlant ses vaisseaux. A cinquante ans, il sent que ce sont les dernières années sympathiques qui se profilent, or il reste encore 30 ou 40 ans à vivre. Le besoin de changement devient urgent. C’est cette urgence qui crée la tension.

Quels ont été vos choix de réalisation pour ce film choral ?

 parenthese-bernard-tanguy-PontonLa partie parisienne, avant le grand départ, est filmée de manière un peu rigide, engoncée. La caméra est maintenue sur des rails, des pieds. Les comédiens sont prisonniers du cadre. Une fois dans le sud, on est caméra à l’épaule (ou plutôt à l’easyrig), c’est la liberté dans les gestes, l’insouciance dans les mouvements. Les comédiens évoluent librement et la caméra les suit. Le choix du réalisme a conduit à mettre les comédiens au maximum dans des situations réelles : la scène de tempête a été tournée pendant une vraie tempête, de manière générale, les scènes de bateau ont été tournées en navigation réelle, on a par exemple échoué le bateau en vrai avec l’aide de la SNSM, les scènes de repas arrosés l’ont été pour de bon, l’amitié qui lie les comédiens est réelle et ils ont pu faire connaissance avec les filles avant le tournage lors d’un « week end de voile d’intégration »… résultat, il y a eu une véritable alchimie entre les comédiens et ça se voit à l’écran.On a aussi tourné au maximum pendant les heures magiques précédant le coucher de soleil. Si bien qu’on a l’impression parfois en regardant le film que le jour n’est qu’un long coucher de soleil, mais peu importe !… J’ai aussi décidé de tourner un court-métrage avant le long pour valider tous ces choix, et j’ai gardé les comédiens et techniciens du court pour faire le long, ce qui allait à l’encontre des demandes du marché qui aurait préféré que je prenne des comédiens plus « bankable ». Le budget a donc été ajusté en conséquence. Le résultat de tous ces choix est un film assez libre de ton et « plein de charme » dixit Agnès Jaoui…

Quel va être le parcours de « Parenthèse » ?

B048_C009_0913YSNormalement, il devrait obtenir la caméra d’or à Cannes, faire plus de 10 million d’entrées, rafler quelques Césars et représenter la France aux Oscar. Les critiques vont crier au génie. Je vais ensuite enchainer « Parenthèse 2 » et « Parenthèse 3 » avec la même équipe.

Une réflexion au sujet de « « Parenthèse » de Bernard Tanguy bientôt dans les salles… (Interview du réalisateur) »

  1. Ai vu ce soir ce film en avant premiere Hyeres …super moment avec présentation de l’équippe du film
    J’ai ri, souri aux dialogues rafraichissants « nature » de ces 3 quiquas qu’on a envie de prendre dans nos bras !
    Allez voir ce film vous passerez un bon moment …pour toute la famille.

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