Archives mensuelles : janvier 2014

« Nectar », un film fantasmagorique, à ne pas manquer…

« Nectar »  c’est le magnifique court-métrage de Lucile Hadzihalilovic, produit par De films en aiguille et post-produit par Highfun. La réalisatrice,  à qui l’on doit notamment un premier long-métrage « Innocence », nous a accordé une interview pour nous parler de « Nectar ». Un court métrage hors des sentiers battus a qui l’on prédit une très belle carrière.

  Photo1006430D’où est né l’idée de « Nectar » ?

L’idée de départ était de faire un film érotique et fantasmagorique. Puis, s’est greffée l’idée des abeilles, d’une mini-société au service d’une femme qui est peut-être aussi prisonnière, d’un rituel dans un monde clos… « Nectar » a de grandes ressemblances avec mon long-métrage « Innocence », même si cette fois les personnages sont des adultes, et non plus des enfants.

Quels choix de réalisations avez vous adopté ?

Photo1010431Tout d’abord le 16mn. Thibaud Caquot qui a étalonné le film, a essayé, avec raison, de me convaincre des qualités du numérique, mais je tenais absolument à tourner en 16, pour que l’image bouge, vive grâce au grain, aux secousses liées au défilement de la pellicule. C’est peut-être du fétichisme de ma part ! D’ailleurs, l’image bouge tellement qu’ Alexandre Dachkevitch qui a fait les vfx s’est arraché les cheveux pour parvenir à un bon résultat.
Je craignais aussi qu’un corps nu filmé en numérique perde de sa sensualité. Par ailleurs, il me semblait que les effets de surexposition, de lumière seraient plus beaux en pellicule.
Enfin et surtout, l’imprécision du 16mn est pour moi plus mentale, plus onirique que la clarté et la définition du numérique.

Photo1011051Par ailleurs, je me suis donné quelques règles minimalistes :
n’utiliser que la lumière naturelle, ou des éclairages appartenant au décor, justifiés à l’image. Mais en renforçant si possible les couleurs : que le vert du parc et le jaune des vêtements pètent, en tout cas dans la première partie du film.
Cadrer au format scope, en plans fixes, un peu comme des photos, sans mouvement d’appareil, et surtout sans recadrage. C’est peut-être pour ça que j’ai eu tellement besoin de la matière vivante du 16mm en contrepartie.
Quand à la bande son, à l’exclusion d’une séquence tournée avec du son, elle est presque entièrement crée en post-production. Là encore, pour un effet plus mental, moins réaliste.

Quelles sont vos influences en terme de mise en scène ?

Photo1022519Le cinéma japonais, ils sont les rois du cadrage scope ! Avec Manu Dacosse, le chef opérateur qui a fait le cadre aussi, nous avons regardé certains films de Wakamatsu : » Va va vierge pour la seconde fois », ou « Les anges violés », très inspirants.

Quel va être le parcours du film ?

Photo1024355Le film est sélectionné au festival de Clermont-Ferrand, dans la compétition nationale. Ce sera le début de sa vie festivalière. J’espère qu’elle sera longue et riche !
Et par ailleurs, il sera diffusé par les programmes courts de Canal + qui sont nos partenaires dès le début