Archives mensuelles : novembre 2013

Sortie en salle de « Wajma, une fiancée Afghane », à ne pas manquer ! (2e partie)

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A l’occasion de la sortie du film « Wajma, une fiancée Aghfane » (post produit par Highfun) voici l’interview de Barmak Akram, le réalisateur de ce petit bijou à voir dès aujourd’hui dans les salles.

BarmakAkramComment vous êtes vous senti investi par le sujet de « Wajma, une fiancée Afghane » ?

 Au début du projet (en 2010), j’ai visité une unité de soins pour grands brûlés à Kaboul, pour savoir pourquoi des femmes s’immolent par le feu. C’est de plus en plus fréquent. Chaque année environ 500 femmes ont recours à ce procédé extrême en Afghanistan. La plupart du temps suite à une histoire d’amour déçue, ou à un mariage forcé avec un homme qu’elles n’aiment pas. De telles situations engendrent violences et scandales qui conduisent souvent ces femmes à s’immoler pour échapper à leur condition et se faire entendre.

 (A noter que «  Wajma, une fiancée afghane » a été projeté en avant première le 12 novembre au Ministère des Droits des femmes à l’initiative de Mme Najat Vallaud Belkacem, à l’occasion de la journée contre la violence faites aux femmes.)

 Le tournage de Wajma a été fait en équipe réduite (5 personnes), quel souvenir marquant en gardez vous ?

 C’est la scène quand le personnage de Wajma (Wajma Bahar) et Mustafa (Mustafa Abdulsatar) se retrouvent dans  son appartement. Ce fut la scène la plus dure à tourner. C’était une scène très délicate car Wajma est une vraie afghane traditionnelle. Tout à coup on ressentait qu’elle était toute frémissante et troublée, qu’elle ressentait les émotions du personnage qu’elle incarnait.

 Wajma-une-Fiancee-Afghane-VOST_referenceL’autre personnage du film, c’est Kaboul, comment ce choix s’est-il imposé à vous ?

 C’était mon postulat de départ. J’en avais assez des films qui se passaient à Kaboul et qui étaient en fait tourné dans d’autres pays, au Maroc en Tunisie ou ailleurs.  Kaboul c’était un principe de départ, avec elle j’allais pourvoir aussi la chance de pouvoir montrer que la ville évolue comme ses habitants. Elle a changé. Kaboul est une ville nouvelle, il y a dix ans c’était une ruine totalement rasée, maintenant elle se reconstruit peu à peu. Ça devient vivable…

Wajma5L’accueil de « Wajma, une fiancée Afghane »  fut très favorable en Afghanistan (projection au Festival des Droits de l’homme et le film représente l’Afghanistan aux Oscars 2013), comment expliquez vous un tel succès ?

 C’était génial ! La salle du Festival des Droits de l’Homme était tellement bondée qu’ils ont du faire plusieurs projections une pour le public et une autre pour les journalistes.  C’est ce que je craignais le plus, la projection en Afghanistan pour obtenir mon visa d’exploitation. Et puis finalement rien ne s’est passé, ils ont adoré le film et je n’ai eu aucune censure, le film est resté tel quel. Ils ont trouvé que c’était un film éducatif et éclairé. Qu’il pouvait ouvrir les yeux des jeunes, leur permettre de mieux vivre leur situation. Pas de censure ça veut quand même dire une ouverture du pays.